Le contrat est simple. Vos pistes de surface restent à 100 % là où elles sont. Le tunnel est une option de plus — pour les jours de pluie, l'hiver, les longs trajets, ou simplement quand on a envie de rouler à l'abri des voitures. Les beaux soirs de juin, vous prenez votre piste préférée le long de la rivière comme d'habitude. Le tunnel, lui, vous attend seulement quand vous en avez envie.
Le tunnel ne convertit, ne réduit ni ne ferme aucune piste existante. Il s'ajoute, une dizaine de mètres plus bas.
Un bassin qui décuple le poids politique du vélo — donc plus de budgets pour les pistes, en surface comme sous terre. Voir l'étude de marché.
Le vélo devient possible 12 mois par année — pour qui le veut. 10 °C à l'année, sans neige ni verglas.
On n'enlève aucune piste — on en ajoute une, sous vos pieds
C'est la peur numéro un, et elle mérite une réponse nette : aucune piste de surface n'est touchée. Là où une bande cyclable en surface déclenche souvent une bataille — parce qu'elle retire une voie à l'auto, une rangée de stationnement ou rétrécit une rue —, le tunnel, lui, ne prend rien à personne : il est creusé dix mètres plus bas. Le réseau que vous aimez reste intact, au centimètre près. Rien de converti, rien de fermé, rien de rétréci.
Mieux : parce que le tunnel absorbe une partie des déplacements — et de la pression sur les rues partagées —, la surface devient plus calme pour celles et ceux qui y restent. Ajouter un étage sous terre ne soustrait rien à la surface : ça la soulage.
Ce que vous ne perdez pas
- Aucune piste de surface convertie, réduite ou fermée : le réseau que vous connaissez reste entier.
- Aucun détour obligé : si votre trajet actuel vous convient, rien ne change pour vous.
- Le tunnel ne « vole » pas les budgets du vélo de surface — au contraire, il en attire de nouveaux (voir plus bas).
- Vos habitudes, vos parcours, vos points de vue sur la rivière : tout reste exactement là.
Personne ne vous envoie sous terre
Tuons le malentendu directement : le tunnel est un choix, jamais une obligation. Il existe pour les jours où la surface n'est pas invitante — pluie froide de novembre, plaque de glace noire, vent de face, noirceur à 17 h, boulevard trop occupé pour rouler détendu. Par beau temps, vous gardez votre parcours préféré. Le tunnel ne s'en formalise pas : il dort jusqu'à ce que vous ayez besoin de lui.
Autrement dit, le tunnel est invisible quand vous n'en voulez pas et disponible quand vous en avez envie. Il ne vous demande pas de renoncer au ciel, à la rivière et aux arbres — il offre un plan B à 10 °C pour les six mois où le ciel, la rivière et les arbres sont un peu moins accueillants.
Aux mordus de crampons : la surface reste à vous
Certains cyclistes roulent tout l'hiver sur des pneus à clous et ne troqueraient jamais le grand air contre un tunnel — et c'est parfait ainsi. Cette page ne s'adresse pas à eux, et ils ne perdent absolument rien. Ils y gagnent même : moins de cyclistes du beau temps sur les pistes quand la météo se gâte, et surtout des pistes de surface enfin mieux déneigées (on y vient plus bas). Les passionnés gardent la surface, moins encombrée et mieux entretenue qu'avant.
Le vrai public visé : le vélo pépère, l'occasionnel, le semi-sédentaire
Alors, à qui s'adresse vraiment le tunnel ? À celles et ceux qui aiment le vélo, mais pas contre le vent. Qui iraient travailler à vélo s'il n'y avait pas la pluie, le verglas, le trafic, ou la côte qui les achève chaque matin. Au cycliste occasionnel, à celui qui roule pépère, à la personne semi-sédentaire qui bougerait davantage si c'était facile, confortable et sécuritaire. Pour eux, la surface a trop de « mais » : trop froid, trop mouillé, trop dangereux, trop essoufflant, trop saisonnier.
Le tunnel efface les « mais » : plat d'un bout à l'autre (finie la côte), 10 °C à l'année (finie la météo), aucune voiture (finie la peur), éclairé et surveillé (finies les sections sombres). Il transforme le « je ferais bien du vélo, mais… » en « je fais du vélo ». Chacun de ces nouveaux cyclistes est quelqu'un qui ne roulait pas avant — un gain net pour le vélo, pas un transfert depuis la surface.
Plus il y a de cyclistes, plus le vélo pèse lourd
Voici la peur retournée à l'endroit. Certains craignent que le tunnel « vole » l'attention et les budgets du vélo de surface. C'est l'inverse qui se produit. Le poids politique du vélo est à peu près proportionnel au nombre de gens qui pédalent. Aujourd'hui, les cyclistes forment une minorité qu'un conseil de ville ou un gouvernement peut facilement reléguer au dernier rang. Multipliez ce nombre — ajoutez jusqu'à 200 000 personnes qui roulent — et le vélo cesse d'être une arrière-pensée : il devient une force qu'on ne peut plus ignorer.
Et ces nouveaux cyclistes ne pédalent pas qu'en sous-sol. Ils redécouvrent le vélo, rejoignent le camp de ceux « qui roulent », et se mettent à réclamer de meilleures pistes de surface, des intersections plus sûres, plus de supports, du déneigement. Chaque nouvel usager du tunnel est une voix de plus qui pousse les villes et les gouvernements à investir davantage dans le vélo — en surface comme sous terre. Le tunnel est un moteur de croissance pour tout le mouvement, pas un concurrent.
Un vélo plus nombreux est un vélo plus fort. Le tunnel ne divise pas la communauté cycliste entre « surface » et « sous terre » : il l'agrandit. Et une communauté plus grande obtient plus — plus de pistes, plus de budgets, plus de respect sur la route.
Le tunnel force enfin le déneigement des pistes
Voici un bénéfice qui profite à tous les cyclistes de surface, même à ceux qui ne mettront jamais une roue dans le tunnel. Pour rejoindre une station, on franchit un court segment en surface — le fameux premier (ou dernier) kilomètre. Si ce segment n'est pas déneigé l'hiver, le tunnel devient inaccessible. Le tunnel crée donc une obligation nouvelle et concrète pour les villes : garder dégagés et sécuritaires, tout l'hiver, les parcours cyclables qui mènent aux stations.
Et cette obligation ne s'arrête pas à la porte de la station. Déblayer un réseau d'accès vers des dizaines de stations, c'est déblayer une grande partie du réseau cyclable de surface — au bénéfice de tous les cyclistes d'hiver, qu'ils prennent le tunnel ou non. Pour la première fois, l'entretien hivernal des pistes a une raison d'être qu'on ne peut plus balayer du revers de la main. Voyez comment se règle ce premier kilomètre.
Un levier pour un RTC qui embarque les vélos
Un réseau pareil ne fonctionne que si l'on peut s'y rendre — et cela pousse le transport en commun à transporter les vélos. Pour alimenter le tunnel, le RTC a tout intérêt à développer les supports à vélos sur les autobus, les places pour vélos et les stationnements incitatifs près des stations. C'est de l'infrastructure multimodale — autobus + vélo + tunnel — qui sert tous les cyclistes, qu'ils descendent sous terre ou non. Le vélo cesse d'être « le problème du transport en commun » pour devenir quelque chose qu'il est conçu pour porter.
Ce que le tunnel change pour vous, cycliste
🛤️ Vos pistes de surface, intactes
- Aucune piste convertie, réduite ni fermée : le réseau ne fait que grandir
- Rien ne change à vos trajets actuels si vous les aimez
- Une couche cyclable de plus, pas une piste de moins
🌦️ Le vélo par tous les temps — pour qui le veut
- 10 °C à l'année, sans pluie, neige, verglas ni vent de face
- Plat d'un bout à l'autre : finie la côte qui décourage
- Le jour où la surface n'est pas invitante, un plan B au sec
❄️ Des pistes mieux déneigées l'hiver
- Rejoindre les stations oblige enfin les villes à déblayer le premier kilomètre
- Un réseau d'approche entretenu = un gain pour tous les cyclistes d'hiver
- Le déneigement des pistes a enfin une raison qu'on ne peut plus écarter
📣 Un vélo qui pèse plus lourd
- Jusqu'à 200 000 cyclistes de plus = un poids politique décuplé
- Plus d'adeptes = plus de pression pour investir dans le vélo, en haut comme en bas
- Le tunnel agrandit la communauté cycliste au lieu de la diviser
🚌 Un RTC qui embarque les vélos
- Nourrir le réseau pousse au transport des vélos par autobus
- Supports à vélos, stationnements incitatifs, chaînes bus + vélo + tunnel
- Une infrastructure multimodale utile à tous les cyclistes
🛡️ Rouler enfin sans voitures
- Aucune auto sous terre : plus d'angle mort, plus d'emportiérage, plus de dépassement serré
- Éclairé et sous surveillance sur toute sa longueur
- Idéal pour les moins aguerris, les enfants et les parents inquiets
Des scènes de la vraie vie
| La situation | Ce que le tunnel change |
|---|---|
| Beau soir de juin — envie de rouler au bord de l'eau | Vous prenez votre piste de surface préférée. Le tunnel dort — il n'a jamais demandé à vous voir. |
| 17 h, début novembre — pluie froide et noirceur | Au lieu de reprendre l'auto, vous filez sous terre, au sec, à 10 °C. Un trajet à vélo sauvé. |
| Janvier — un mordu sur ses pneus à clous | La surface est à lui : moins encombrée, et enfin mieux déneigée sur le chemin des stations. |
| Un cycliste pépère — intimidé par le boulevard | Sous terre, aucune voiture : il roule détendu, à son rythme, sans se faire klaxonner. |
| Après le souper — l'ado se rend à sa pratique | Un trajet éclairé et surveillé, sans auto : les parents respirent, l'ado est autonome. |
| Lendemain de tempête — la piste habituelle est un banc de neige | Le segment vers la station est désormais déneigé (nouvelle obligation), puis le tunnel prend le relais. |
Le tunnel ne vous enlève rien — et il donne au vélo un coup de pouce que la surface seule n'a jamais obtenu. Vos pistes restent, les mordus gardent le grand air, et le vélo dans son ensemble devient plus nombreux, mieux financé et mieux déneigé. Continuez de rouler exactement comme aujourd'hui. Et le jour où la météo tourne, il y aura enfin un plan B à 10 °C, à l'abri des voitures. Le tunnel n'est pas l'ennemi du vélo : c'est l'allié qui lui manquait.