Chaque mode de transport a son talon d'Achille. L'auto coûte une fortune. L'autobus, le métro et le tramway tombent en panne, font grève, imposent un horaire. Le vélo de surface est formidable — six mois par année. Et tous, sans exception, nous gardent assis.
L'idée du Vélo Tunnel Québec n'est pas d'inventer un véhicule de plus. C'est de recombiner deux idées vieilles comme le monde — le vélo et le tunnel — pour bâtir un réseau qui garde les forces de chaque mode et en supprime les défauts.
Et si la solution n'était pas un nouveau véhicule, mais un nouvel endroit où rouler ?
150 km de pistes cyclables souterraines à l'échelle de la grande région de Québec. Sans feu rouge, sans arrêt, sans voiture. Accessible 365 jours par année, à toute heure, quelle que soit la météo. Une première mondiale, creusée avec la technologie de tunnelier Prufrock de The Boring Company.
Tous nos transports ont un défaut majeur
On débat beaucoup de quel mode choisir. On débat rarement de ce qui cloche dans chacun. Pourtant, le portrait est assez simple : chaque option achète une qualité au prix d'un défaut.
La fiabilité
Pannes, grèves, horaires imposés. Autobus, métro et tramway dépendent d'un personnel essentiel et d'un matériel complexe. Quand ça s'arrête, tout s'arrête.
Le coût
L'auto, elle, règle la fiabilité — mais coûte de 8 000 à 12 000 $ par année, tout compris. Et le transport collectif vit de subventions publiques.
La pollution
La voiture individuelle reste l'un des plus gros émetteurs de GES de la région, et la première source de bruit dans nos rues.
La santé
Point commun de tous ces modes : on y reste assis. La sédentarité pèse lourd sur la santé publique et sur le système de soins.
Garder les forces, retirer les défauts
La réponse tient en deux choix, et chacun élimine directement un défaut de la liste ci-dessus.
D'abord, le véhicule : un vélo. Rien de moins cher à l'achat, rien de moins polluant, rien de plus fiable — un vélo ne fait pas grève et ne tombe pratiquement jamais en panne. L'assistance électrique le met à la portée de tout le monde : aînés, étudiants, gens moins sportifs, touristes. Pas besoin d'être un cycliste aguerri.
Ensuite, l'endroit : un tunnel. À l'abri du climat 365 jours par année, sans feu rouge, sans arrêt, sans voiture. Et surtout : le réseau n'a aucun chauffeur essentiel. Ses seuls employés en tunnel sont des patrouilleurs à vélo, appuyés par de la surveillance par caméra. Pas de chauffeur, donc pas de grève de chauffeurs. La technologie est volontairement simple — de la ventilation et de l'éclairage — ce qui veut dire très peu de pannes possibles. Résultat : un réseau qui roule 24 h sur 24, 7 jours sur 7.
Aucun horaire, aucune fermeture nocturne.
Tempête, verglas, canicule : sous terre, rien ne change.
4 à 16 fois moins cher que les autres mégaprojets.
Un mode de transport qui n'a presque que des avantages
En réglant les quatre défauts d'un coup, le réseau cumule des bénéfices qu'aucun autre mode ne réunit en même temps. En voici l'essentiel — la page Avantages en présente le détail complet.
💰 Économique
- Pour l'usager : un vélo coûte 10 à 100 $/an, contre 8 000 à 12 000 $ pour une auto
- Permet à bien des ménages de vendre une 2ᵉ voiture
- Aucun permis, aucun stationnement à payer
🌱 Écologique
- Zéro émission de GES pour les déplacements
- Aucune pollution sonore ni lumineuse en surface
- Empreinte au sol minime par rapport à une autoroute
🛡️ Sécuritaire
- Zéro collision avec un véhicule motorisé — la 1ʳᵉ cause de décès à vélo
- Pas d'angle mort de camion, pas de nid-de-poule
- Surveillance par caméra et patrouilleurs sur tout le réseau
🌡️ À l'abri du climat
- Température souterraine stable toute l'année
- Ni neige, ni glace, ni sel, ni vent de face
- Les tunnels servent d'abri de protection civile (canicule, tornade, verglas)
⚡ Rapide et fiable
- Aucun arrêt, aucun feu rouge : un flot continu
- Aucun bouchon possible, trajets prévisibles
- Plus rapide que le réseau de surface aux heures de pointe
🔋 Souveraineté énergétique
- Propulsion humaine : une demande d'énergie minime
- Appuyée par l'hydroélectricité et la géothermie québécoises
- Renforce notre indépendance face au pétrole
Et la santé dans tout ça ? Chaque déplacement devient une activité physique, sans effort supplémentaire dans l'agenda. Moins de maladies cardiovasculaires, de diabète et d'obésité — et un soulagement bienvenu pour le système de santé.
Le seul vrai désavantage
Soyons honnêtes : ce réseau a une limite, et c'est sa construction. Un tunnel ne dessert que là où il a été creusé. C'est une infrastructure — comme une route ou une ligne de métro — qui se bâtit par phases et qui demande du temps et un investissement initial.
La contrepartie : une fois creusé, un tunnel souterrain en béton armé, à l'abri du gel et des intempéries, a une durée de vie de 75 à 100 ans. C'est un défaut qui se règle une seule fois, pour une infrastructure qui dure des générations.
Combien, comparé aux autres ?
La meilleure façon de juger le budget, c'est de le mettre en regard des autres grands projets de transport. Rapporté au kilomètre, le Vélo Tunnel Québec joue dans une catégorie de coût complètement différente.
Coût de construction par kilomètre
| Projet | Longueur | Coût / km | Statut |
|---|---|---|---|
| Vélo Tunnel Québec | 150 km | ≈ 74 M$/km | Proposé |
| REM de Montréal (métro léger) | 67 km | ≈ 140 M$/km | En service partiel |
| Tramway de Québec | 19,3 km | ≈ 394 M$/km | En planification |
| 3ᵉ lien routier Québec–Lévis | 8,3 km | ≈ 940 M$/km | Estimé 5,3 à 9,3 G$ |
L'écart s'explique par trois facteurs : un tunnel beaucoup plus petit (3,6 m de diamètre contre 12 à 15 m pour un tunnel routier), des stations bien plus simples (pas de quais, pas de wagons), et l'absence de matériel roulant lourd (pas de trains, pas de rails).
Coût annuel par usager
Au-delà de la construction, c'est le coût pour l'usager — année après année — qui compte vraiment.
| Mode de transport | Coût annuel / usager | Remarque |
|---|---|---|
| Vélo de surface | 100 – 200 $ | Mais ≈ 6 mois/an, trajets exposés au trafic, entretien |
| Vélo Tunnel Québec | ≈ 2 180 $ | Amortissement sur 50 ans (sans intérêts, comme les autres projets) + exploitation, réparti sur 200 000 usagers |
| RTC (transport collectif) | ≈ 4 700 $ | Subvention publique par usager |
| Automobile | 8 000 – 12 000 $ | Achat, essence, assurance, stationnement, déneigement, entretien, police etc |
Tous les chiffres sont en dollars constants, sans intérêts d'emprunt — la même base que le REM, le tramway et le TGV Alto, dont les coûts annoncés sont toujours présentés hors financement. Ajouter des intérêts à notre seul projet, en comparant à leurs chiffres bruts, nous désavantagerait injustement. Automobile : coûts privés et publics confondus — le calculateur CAA chiffre les seuls coûts privés d'un modèle populaire entre 8 500 et 9 700 $/an, avant même la part publique (voirie, déneigement, police, santé), évaluée à 6 900 $/an par famille de quatre au Québec. RTC : calcul dérivé de son budget 2024 (subvention d'exploitation + immobilisations, réparties sur les usagers réguliers). Le calcul détaillé est sur la page Comparaison des prix.
18 fois plus de kilomètres pour à peu près le même prix.
Pour le coût d'un seul tunnel routier de 8,3 km sous le fleuve (≈ 7,8 G$, au centre des estimations officielles), on peut construire 150 km de réseau cyclable souterrain couvrant toute la région métropolitaine. Le détail, scénario par scénario, est sur les pages Construction et Exploitation.
Tous les montants sont des ordres de grandeur préliminaires, en dollars constants de 2030. Une étude économique formelle préciserait les valeurs définitives.
Sources principales. REM — 9,4 G$ pour 67 km (≈ 140 M$/km) : Le Devoir, La Presse. Tramway de Québec — 7,6 G$ pour 19,3 km (≈ 394 M$/km) : La Presse. Troisième lien routier Québec–Lévis — tunnel bitube de 8,3 km estimé jusqu'à 9,45 G$ en 2021 : Le Devoir ; version pont-tunnel évaluée entre 5,3 et 9,3 G$ en 2025 : La Presse. RTC — budget 2024 de 280,7 M$ et immobilisations de 2,9 G$ sur 10 ans : communiqué du RTC ; 31,5 M de déplacements et 76,4 M$ de revenus-usagers en 2024 : Radio-Canada. Automobile — coûts privés : calculateur CAA-Québec ; coûts publics (6 900 $/an par famille de quatre) : Trajectoire Québec – Fondation David Suzuki.
Un réseau de transport, pas une promenade
La clé d'un réseau fluide, c'est l'homogénéité de la vitesse. Pour éviter les bouchons et les ralentissements, le tunnel est réservé aux véhicules capables de suivre la cadence. Les modes trop lents en moyenne — et donc les usagers qui bloqueraient le flot — n'y circulent pas. C'est un réseau de déplacement, géré avec la même rigueur qu'un métro.
✓ Autorisés
- Vélo normal
- Vélo à assistance électrique (jusqu'à 32 km/h)
- Quadricycle limité à 25 km/h (mobilité réduite)
- Remorque pour enfants
✗ Interdits (trop lents en moyenne)
- Piétons et joggeurs
- Planches à roulettes
- Patins à roues alignées (rollerblades)
- Gyropodes et hoverboards
Une plage étroite pour un flot homogène et sécuritaire.
Soit environ 3 fois la capacité d'un tramway.
Personnes transportées sur le réseau.
Aucun feu rouge, aucun arrêt, aucun bouchon : un flot continu permanent dans les deux directions. Les détails sont sur la page Fonctionnement.
Plus sûr que la rue, jour et nuit
En séparant complètement les vélos de la circulation automobile, on élimine d'un coup la première cause de décès à vélo. À cela s'ajoute un environnement entièrement contrôlé :
- Aucune collision possible avec un véhicule motorisé, aucun angle mort de camion
- Pas de nid-de-poule, pas de fissure, pas de verglas
- Surveillance par caméra sur tout le réseau, appuyée par des patrouilleurs à vélo
- Un espace éclairé et surveillé, plus rassurant que la rue isolée la nuit
- Double usage : un abri de protection civile en cas de canicule, de tornade ou de tempête
Le détail figure sur la page Sécurité.
Le transport le moins énergivore qui soit
La propulsion est humaine : la demande énergétique du réseau se limite à l'éclairage, à la ventilation et à l'assistance électrique des vélos. C'est une fraction de ce qu'exige n'importe quel autre mode motorisé — et tout cela peut être alimenté par une énergie propre et québécoise.
- Hydroélectricité — une énergie renouvelable, abondante et locale
- Géothermie — la stabilité thermique du sous-sol contribue au confort et au tempérage du réseau
En demandant très peu d'énergie, et de l'énergie d'ici, le réseau renforce notre souveraineté énergétique au lieu de l'affaiblir. Voir les pages Géothermie et Technologie.
Un projet à la fois révolutionnaire et de bon sens.
Révolutionnaire par sa technologie de forage et son ambition. De bon sens par son moyen — le vélo — et par son coût, parmi les plus bas de sa catégorie. Un réseau économique, écologique, sécuritaire, ouvert 24/7 et utile 365 jours par année. Pour Québec, l'occasion de devenir la première ville au monde à se doter d'un tel réseau.