Rendu d'une station d'entrée : pavillon vitré au niveau de la rue, racks à vélos en colimaçon bleu, piste cyclable qui plonge dans le tunnel vers Lévis
Station d'entrée type : pavillon vitré au rez-de-chaussée, location et stationnement de vélos, et la piste qui descend dans le tunnel.
Espacement
1 station / km

Au plus ~500 m de marche pour rejoindre une entrée.

Nombre de stations
~150

150 km de réseau ÷ 1 km — pile le budget prévu.

Profondeur
~10 m

Faible : forage simple, peu de pression de terrain.

Ascenseurs
0

Sauf aux grands pôles. Des millions par an économisés.

Le principe : entrer par la surface

Plutôt qu'une lourde boîte souterraine creusée en tranchée et coiffée d'un ascenseur, la station se résume à un pavillon vitré au niveau de la rue. On y trouve les portes, le kiosque de location, les racks à vélos — et la piste cyclable qui traverse au rez-de-chaussée puis descend dans le tunnel par une rampe.

Cette rampe n'est pas excavée : elle est forée, comme le tunnel principal, depuis un portail en surface. C'est la chose la moins chère et la plus simple à construire de tout le projet — pas de puits vertical, pas d'ascenseur, pas de rue fermée. L'escalier en colimaçon des rendus, c'est du stationnement vélo sur plusieurs niveaux, pas le chemin de passage : les cyclistes roulent à plat et plongent dans la rampe.

Deux exemples de station

Le même principe se décline en deux configurations selon le site. Voici les deux, chacune avec sa coupe technique compatible, son coût et ses avantages.

Exemple A — Bretelles sur tunnel profond (style The Boring Company)

Rendu d'une station d'entrée de style The Boring Company : tunnel foré droit, mur signé, stationnement vélo en colimaçon bleu
Le rendu : tunnel foré droit (anneaux Boring), pavillon vitré, location et stationnement de vélos.
Coupe schématique : tunnel principal profond et continu, deux bretelles tangentielles remontent vers la bâtisse, flèches de circulation
La coupe compatible : le tunnel principal reste profond et continu ; de courtes bretelles tangentielles remontent vers le pavillon.

✓ Avantages

  • Flot continu : ceux qui passent ne montent jamais
  • L'épine du réseau reste profonde — compatible avec les intersections proches
  • Bretelles forées en séquence avec le tunnelier (jonction économique)
  • Esthétique « Boring Company » : crédibilité techno

À considérer

  • Deux jonctions tangentielles à forer (poste de 2–4 M$)
  • Bâtisse + terrain distincts à prévoir

Coût ≈ 10 M$ par station (fourchette 8–13 M$). Le modèle par défaut sur les artères de passage, au milieu des segments.

Exemple B — Bâtisse au-dessus du tunnel (pavillon intégré / terminus)

Rendu d'une station d'entrée architecturale : tunnel courbe lumineux vers Lévis, stationnement vélo en colimaçon bleu, grande façade vitrée
Le rendu : tunnel au profil doux et lumineux, façade vitrée accueillante — idéal aux points d'entrée.
Coupe réaliste : bâtisse en surface posée au-dessus du tunnel, deux rampes d'accès à pente douce descendant à 10 m
La coupe compatible : la bâtisse est posée au-dessus de la ligne ; les deux rampes à pente douce descendent à 10 m de part et d'autre.

✓ Avantages

  • Rampes courtes : le tunnel vient à la station
  • Intégrable dans une bâtisse existante — économie de terrain et de pavillon
  • Accès symétrique simple, esthétique douce et accueillante
  • Parfait aux terminus et points d'entrée (ex. « Vers Lévis Centre »)

À considérer

  • La bâtisse doit tomber pile au-dessus de la ligne (contrainte de tracé)
  • Moins adapté là où le tunnel doit rester très profond (près des intersections)

Coût ≈ 8 M$ par station (6–10 M$), et jusqu'à ~4–8 M$ si l'on réutilise une bâtisse existante au lieu de bâtir un pavillon neuf.

La géométrie : 10 m de profondeur, des rampes courtes

À seulement 10 m de profondeur, la rampe d'accès n'est jamais un gros poste. Tout dépend de la pente choisie : plus elle est douce, plus la rampe est longue, mais plus elle est accessible à tous.

PenteLongueur par rampeProfil d'usager
5 % (≈ 2,9°)~200 mConfortable pour tous, même quadriporteur
6 % (≈ 3,4°)~167 mBon compromis du réseau
8 % (≈ 4,6°)~125 mPlus court, e-bikes & vélos cargo à l'aise
7° (≈ 12,3 %)~82 mMinimum de longueur — sites contraints

Le bon réglage pour le réseau se situe autour de 5 à 6 % (rampes de ~165 à 200 m) : encore court, et montable par la grande majorité grâce à l'assistance électrique des vélos en libre-service. La faible profondeur permet justement cette pente douce sans surcoût.

Les stations au milieu des segments, pas aux intersections

Une intersection, c'est l'endroit où deux tunnels se croisent à des profondeurs différentes (l'un passe sous l'autre). Y greffer une station compliquerait tout. On place donc les stations au milieu d'un segment, là où le tunnel est droit, seul, à profondeur constante. Le réseau a ainsi deux types de points, bien séparés :

Avec une station au kilomètre et des intersections espacées de plus de 400 m, il reste toujours largement la place de loger les deux rampes (entrée + sortie ≈ 330–400 m) sans empiéter sur le croisement voisin.

Pourquoi c'est important : si c'était le tunnel principal qui remontait à chaque station, tout le monde grimperait 10 m à chaque arrêt — 50 m de montée cumulée sur 5 stations. En gardant la colonne vertébrale profonde, seuls ceux qui entrent ou sortent montent. L'espacement des stations n'a donc aucun effet sur la vitesse de ceux qui passent.

Le coût, poste par poste

Au tarif du dossier (12 M$ CAD/km de tunnel foré en roc québécois), pour le modèle complet « pavillon + bretelles » à 10 m :

PosteCoût estimé
2 rampes forées (~165 m au total)~2 M$
2 jonctions tangentielles (raccord rampe ↔ tunnel)2–4 M$
Bâtisse de surface (pavillon)1–3 M$
Portails, revêtement, portillons RFID, signalisation~1 M$
Éclairage, ventilation, drainage~1,5 M$
Terrain (ou bail si bâtisse existante)1–2 M$
Total par station~8 à 13 M$ (≈ 10 M$)

L'accès lui-même — les rampes — ne pèse que ~2 M$ là-dedans. Le gros du coût reste la bâtisse, les jonctions et les systèmes, pas la profondeur. Le modèle B (bâtisse au-dessus du tunnel, intégrée à un local existant) descend même sous la barre des 8 M$.

Trois modèles côte à côte

ModèleConstructionAscenseurChantier en surfaceExpérience
Souterraine, accès latéral~6,5–12 M$ouitranchée (rue fermée)descendre + attendre
Souterraine, îlot central~6,5–12 M$ouitranchéedescendre + attendre
Surface + rampes forées~8–13 M$nonquasi nul (forage)pédalage continu

En coût brut de construction, le modèle de surface n'est pas plus économique qu'une station souterraine — il est même un peu plus cher, à cause de la longueur des rampes. Le vrai gain est ailleurs, et il est majeur.

Pourquoi c'est le bon modèle par défaut

Exploitation
Zéro ascenseur

L'ascenseur est le cauchemar d'exploitation : entretien constant, pannes, certification. Le supprimer sur ~150 stations, c'est des millions par an économisés et une fiabilité bien supérieure.

Chantier
Pas de tranchée

Forer depuis un portail évite de creuser et de fermer la rue (le « cut-and-cover »), coût caché et cauchemar politique des projets urbains. Moins de délais, de permis, d'opposition.

Crédibilité
Modèle Boring Co.

C'est exactement ainsi que The Boring Company conçoit ses Loop : stations en surface, descente par rampe forée. Le projet devient plus réaliste, pas moins.

Le seul vrai bémol — la pente. Un critique dira « vous forcez les gens à grimper 10 m ». La réponse : garder la pente à 5–6 % (rampes de 167–200 m), praticable pour un quadriporteur et trivial pour un e-bike — or le réseau pousse justement les vélos électriques en libre-service. Pour les très rares personnes qui ne peuvent ni pédaler ni rouler en quadriporteur, on garde un seul ascenseur, uniquement aux grands pôles (Sainte-Foy, U. Laval, Vieux-Québec).

Détail technique : les rampes doivent être forées pendant le creusement du tunnel principal (séquence coordonnée du tunnelier), pas après coup dans un tunnel déjà en service — sinon la jonction coûte beaucoup plus cher.